Nice cup by Robert Picault, circa 1950
Robert Picault
Jolie plat de Robert Picault Robert Picault est formé à l’école des Arts-Appliqués de Paris[1]. A la faveur d’une proposition de poste de professeur de peintures en lettres, il part en éclaireur avec l’idée de fonder un atelier de céramique avec ses camarades Roger Capron et Jean Derval, rencontrés à l’école de la rue Dupetit-Thouars[5]. Il arrive à Golfe-Juan le 12 décembre 1945. C’est à cette époque qu’il rencontre pour la première fois Pablo Picasso. En 1946 Roger Capron le rejoint, ils fondent ensemble l’atelier Callis, avant que Jean Derval ne les rejoigne un an plus tard[6]. A l’été 1946, Robert Picault organise avec Roger Capron et le concours de Suzanne Ramié la première exposition du Nérolium réunissant les premières créations des deux amis et celles d’une vingtaine de potiers de Vallauris. L’événement est un succès, l’originalité de leur production utilitaire et décorative tournée par Picault est notamment saluée par la revue Le décor d’aujourd’hui, l’Atelier Callis prend de l’ampleur[7]. L’exposition réitérée jusqu’en 1964 présente à partir de 1948 les céramiques de Pablo Picasso qui en dessine dorénavant l’affiche et attire la venue de personnalités telles que Jacques Prévert, Yves Montand, Simone Signoret ou Jean Cocteau[7],[8]. L’exposition du Nérolium initiée par Robert Picault et Roger Capron est à l’origine de la création en 1966 d’un Concours national de la céramique puis de la première Biennale Internationale de céramique d’art en 1968[9]. En 1948, il quitte l’aventure Callis poursuivie par Roger Capron et Jean Derval jusqu’en 1949, et fonde la Poterie Picault[10]. Il y développe en multipliant les expérimentations un style épuré et emblématique de pièces utilitaires et uniques cuites au four à bois, tournées et décorées de sa main : pièces au décor d’engobe blanc ou sgraffito sur fond d’alquifoux réinterprété par l’ajout d’oxyde de fer rouge et de cuivre à l’origine des décors verts et bruns caractéristiques de sa production, pièces non décorées à l’émail noir métallisé qu’il est le premier à réaliser par mélange d’oxyde de cuivre et de manganèse, bleus profonds, motifs géométriques, oiseaux, poissons, portraits et nus féminins à traits larges et enlevés[11]. Dans ce temps d’expérimentation artisanale, son œuvre personnelle est le creuset des futures productions de la Poterie Picault. Si les formes peuvent être produites en série, les variations du motif et son exécution singularisent chaque pièce[12]. C’est sur ce principe que la Poterie Picault se développe, passant de deux employés en 1948 à vingt-cinq en 1955. Les pièces réalisées sur les modèles de formes et de décors créés par Robert Picault selon une grammaire de motifs simples mais infiniment variés font le succès de ces œuvres utilitaires et abordables pouvant passer du four domestique à la table des convives[9]. Dès ses premières productions un principe est au coeur des innovations Picault : il entend « faire du beau pour tous ». En 1951 ses recherches sont récompensées par une médaille d’or à la IXe Triennale de Milan[13]. Au début des années 1950 les productions de la Poterie Picault s’exportent jusqu’aux États-Unis. La plupart sont décorées en vert de cuivre et brun de fer sur émail stannifère blanc, ou unies d’un émail noir métallisé[14]. Les pièces produites en série sont signées du monogramme RP tandis que les pièces qu’il continue à réaliser entièrement de sa main sont signées Robert Picault en toutes lettres[14].
- Dimensions: Height: 1.97 in (5 cm), Diameter: 10.24 in (26 cm)
- Materials: Ceramic
- Style: Mid-Century Modern
- Origin: France
- Period: 1950-1959
- Condition: Good